Comment construire une allocation d’actifs ?
Construire une allocation d'actifs n'est pas un choix que l'on fait une fois. C'est une méthode que l'on applique — puis que l'on tient.
Le point de départ est toujours le même : un capital au service de l'humain et de ses projets, jamais un gain pour un gain. C'est pourquoi nous suivons, pour chaque portefeuille, la même méthode — quatre étapes qui se commandent l'une l'autre, et une cinquième qui les relance.
Lorsqu'on nous confie l'analyse stratégique d'un portefeuille, il est rarement composé de mauvais actifs. Au contraire : chaque ligne, prise isolément, est souvent défendable. En effet, le problème tient à leur cohérence avec la situation du client — détenir un produit de capitalisation quand on a besoin de revenus, par exemple — ou à leur combinaison : des actifs trop corrélés, pas assez complémentaires pour traverser ensemble les humeurs des marchés, les crises, et rester alignés sur l'horizon réel de chaque besoin.
Un portefeuille se construit de l'intérieur
Avant d'entrer dans le détail, voici la carte du chemin. Ainsi, chaque anneau correspond à une étape : on part du cœur — les horizons de placement —, puis on précise les catégories d'actifs, et enfin les fonds. Cliquez sur une étape pour l'explorer — ou faites simplement défiler.
C'est tout l'objet de la méthode qui suit — cinq étapes pour bâtir, puis tenir, ce cercle. Répartition illustrative, non contractuelle.
Comprendre : à quoi va servir l'argent
Ici, une chose nous occupe — et nous préoccupe : à quoi va servir ce capital ? Autrement dit, lister les projets et les classer selon le temps qui nous sépare de leur réalisation. Par conséquent, c'est cette liste, et elle seule, qui commande tout ce qui suivra.
L'outil — vos projets, classés par échéance
Par exemple, les projets peuvent être de toute nature : financer un voyage, changer de véhicule, constituer un apport pour un achat immobilier, financer les études des enfants, ou se ménager un complément de revenu pour réduire son temps de travail.
Pas de projet précis à court terme ? Logez-y au minimum l'équivalent de 3 à 6 mois de dépenses mensuelles : c'est votre épargne de précaution, immédiatement disponible.
Cette catégorie reçoit tout ce qui n'est ni investi ni projeté à 0-3 ans ou 3-8 ans. Par défaut, le capital sans échéance définie rejoint le long terme.
Ainsi, un capital n'a de sens qu'au service d'un projet daté. C'est l'échéance du projet, pas l'humeur du marché, qui commande la suite.
S'il n'est destiné ni à un projet, ni à un besoin futur identifié, c'est souvent qu'il relève d'une logique de transmission. Dès lors, il s'inscrit dans l'horizon le plus long — au-delà même de votre propre échéance.
Segmenter : découper le capital en enveloppes
En pratique, un même patrimoine sert plusieurs projets aux échéances très différentes. L'argent nécessaire dans trois ans et celui destiné à la transmission n'appellent ni la même prudence, ni la même audace. On répartit donc le capital sur ces échéances — et c'est cette durée qui plafonne le risque acceptable de chaque poche.
L'outil — segmentez votre capital vous-même
Vous fixez les deux premières tranches ; le long terme absorbe le reste.
Concrètement, vous fixez librement le court et le moyen terme ; le long terme reçoit le solde. C'est volontaire : on ne peut pas placer le même euro à court et à long terme — chaque part fixée se prend sur le reste. À vous d'arbitrer. La répartition se reporte aussitôt sur le cercle ci-dessous.
Ensuite, à chaque enveloppe correspond une fourchette de risque. L'horizon en fixe les bornes ; le profil de l'investisseur module à l'intérieur. La logique tient en une cohérence à double sens : sur un horizon court, prendre un risque élevé — même avec un profil agressif — est contre-productif, car on ne dispose pas du temps nécessaire pour traverser un cycle complet, c'est-à-dire vivre à la fois une baisse et sa remontée. Si l'on a pu gagner 20 %, on aurait aussi bien pu perdre 20 % — et sur un à trois ans, aurait-on le temps de récupérer le capital de départ ? À l'inverse, sur un horizon long, rester sécuritaire est tout aussi pénalisant : l'investissement ne comble pas la perte de pouvoir d'achat liée à l'inflation.
L'outil — la fourchette de risque, par enveloppe
Ainsi, le risque reste très contenu, quel que soit le profil. 1 : sécuritaire, risque quasi inexistant en capital. 2 : prudent, risque très limité.
À ce stade, un risque modéré devient nécessaire pour atteindre l'objectif sur l'horizon. Le profil situe le curseur entre 3 et 5, sans aller au-delà : la durée ne le justifierait pas encore.
Enfin, le plancher se situe à 3 : en deçà, l'inflation érode le pouvoir d'achat sur la durée. Le plafond atteint 7 pour les profils les plus dynamiques.
Le fil conducteur — votre portefeuille prend forme
Allouer : choisir les stratégies de chaque enveloppe
Chaque enveloppe a son montant et sa fourchette de risque. Dès lors, reste à décider où ce risque s'investit. L'univers est large : nous accompagnons sur l'ensemble des supports cotés et non cotés, et sélectionnons pour chaque poche ceux qui servent son horizon et son objectif — en lien avec les cycles économiques, les corrections récentes et les anticipations.
L'outil — l'univers des supports
L'ensemble des supports financiers cotés et de gestion.
De plus, sélectionné avec rigueur, l'immobilier peut être à la fois adapté et performant au sein d'une stratégie patrimoniale.
Pour les patrimoines éligibles, une exposition directe à l'économie réelle.
Enfin, selon votre profil, votre horizon et votre tolérance au risque, certaines solutions complètent l'allocation.
À cela s'ajoutent des approches transversales, qui ne sont pas des classes d'actifs mais des grilles de sélection appliquées à l'ensemble : l'ISR (investissement socialement responsable) et les critères ESG (environnement, social, gouvernance).
Le fil conducteur — les catégories se dessinent
Sélectionner & combiner : du bon fonds au bon ensemble
Deux gestes, indissociables. D'abord choisir les meilleurs fonds de chaque catégorie. Ensuite — et c'est ce qui sépare un professionnel d'un particulier — vérifier mathématiquement que leur assemblage tient la route.
4aSélectionner les meilleurs fonds
Un bon fonds ne se résume pas à sa dernière performance. En pratique, nous examinons dix signaux, regroupés autour de trois questions simples.
La performance est-elle solide ?
- RégularitéUne progression durable, pas un succès isolé.
- Ratio de SharpeLe rendement obtenu pour chaque unité de risque.
- AlphaLa valeur réellement ajoutée par le gérant.
Le risque est-il maîtrisé ?
- VolatilitéL'ampleur des variations subies.
- Up / Down CaptureLa participation aux hausses et la résistance aux baisses.
- Rendement et risque actifsL'écart au marché, en gain comme en risque.
La qualité peut-elle durer ?
- Style de gestionZones, secteurs, tailles et biais Value / Growth.
- Habileté du gestionnaireLe talent distingué de la chance.
- Stabilité de l'équipeUne équipe pérenne derrière les résultats.
- FraisLeur poids réel, année après année.
4bVérifier l'assemblage
Pourtant, de bons fonds, pris séparément, ne font pas un bon portefeuille. Encore faut-il qu'ils se compensent plutôt que de réagir tous de la même façon aux mêmes chocs. La sélection des produits comme leur assemblage reposent sur des modèles mathématiques et probabilistes professionnels — hors de portée d'un particulier — qui mesurent les corrélations sur longue durée, car c'est seulement sur plusieurs années et plusieurs cycles qu'une corrélation devient réellement significative.
L'outil — la matrice de corrélation
← Faites glisser le tableau pour tout voir →
À la matrice s'ajoutent le calcul des alphas et bêtas, du rendement et du risque actifs. Puis vient l'épreuve décisive : confronter le portefeuille à la réalité — non seulement aux crises, mais aussi aux reprises qui les suivent, car un bon portefeuille protège dans la baisse sans renoncer à participer au rebond.
L'outil — le back-test : crises et reprises
Mais aucune construction, aussi rigoureuse soit-elle, ne tient si l'investisseur cède à ses émotions. Voir son capital reculer pendant une crise réveille la peur ; et c'est souvent à ces moments — vendre au plus bas, renoncer au rebond — que se détruit le plus de valeur. La méthode protège le portefeuille ; encore faut-il se protéger de soi-même.
Le facteur humainFaut-il maîtriser ses émotions pour bien investir ? →Le résultat — le portefeuille complet
D'abord, le capital est réparti selon le moment où l'on en aura besoin : court, moyen et long terme. C'est cette durée qui commande tout le reste.
Ensuite, chaque horizon se subdivise en familles d'actifs, dont le dosage dépend du risque que la durée autorise.
Enfin, chaque catégorie se compose de fonds précis (A à O), retenus sur la grille de critères puis assemblés pour leur complémentarité.
Réviser : aucun choix n'est figé
Cependant, aucun choix n'est définitif. La seule chose certaine, c'est qu'un investissement ne reste durable et pertinent qu'au prix d'un travail récurrent : des prises de recul, des analyses, des arbitrages réguliers. Car la vie, elle, ne reste pas immobile — et chaque étape déplace le curseur.
Un enfant arrive
Les dépenses montent : l'épargne de précaution (3 à 6 mois de dépenses) doit suivre, et une part du capital glisse vers le court terme — crèche, budget familial, imprévus.
Les études approchent
L'échéance devient un horizon moyen terme : le capital dédié réduit progressivement son risque pour être disponible le jour venu, sans dépendre des marchés.
La retraite se prépare
La logique s'inverse : on va consommer le capital. On dérisque par étapes, on sécurise ce qui sera retiré en premier, on préserve le reste.
À chaque fois, le même réflexe : revenir à l'étape 01, redéfinir les horizons, et réajuster l'ensemble. Et même si — par extraordinaire — rien ne changeait dans votre vie, un portefeuille qui n'est pas piloté glisse de lui-même.
Un portefeuille qui n'est pas piloté glisse
Une poche cible 60 % dynamique / 40 % défensif. Ainsi, sans rééquilibrage, les marchés déforment seuls la répartition.
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Piloter ne clôt pas la méthode : rééquilibrer et réallouer renvoie à l'étape 01 — Comprendre. Par conséquent, chaque revue annuelle relance le cycle. C'est ce qui sépare une décision ponctuelle d'une discipline.
Et si vous commenciez par y voir clair ?
Tout commence par une conversation.

« Vous n’avez pas besoin d’une nouvelle prédiction sur les marchés. Vous avez besoin d’une stratégie claire. C’est précisément ce que nous pouvons commencer à construire ensemble lors d’un premier entretien. »
— Darioush Mery, ingénieur patrimonial